La défiance

La défiance dans poemes barrepapil

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Roi nous te saluons, sans plier les genoux.
Nous avons une chose à te dire. Quand nous,
Gens de guerre et barons qui tenions la province
Nous avons bien voulu de toi pour notre prince,
Quand nous t’avons donné ce peuple et cet état,
Sire, ce n’était point pour qu’on les maltraitât.
Jadis nous étions forts. Quand tu nous fis des offres
Nous étions très puissants ; de l’argent plein nos coffres,
Et nous avions battu les plus braves soldats ;
Nous étions les vainqueurs. Roi, tu ne marchandas
Aucun engagement, sire, aucune promesse ;
On traita ; tu juras par ta mère et la messe ;
Nous alors, las d’avoir de l’acier sur la peau
Comptant que tu serais bon berger du troupeau
Et qu’on abolirait les taxes et les dîmes
Nous vînmes te prêter hommage, et nous pendîmes
Nous casques, nos hauberts, et nos piques aux clous.
Roi, nous voulons des chiens qui ne soient pas des loups.
Tes gens se sont conduits d’une telle manière
Qu’aujourd’hui toute ville, altesse, est prisonnière
De la peur que ta suite et tes soldats lui font
Et que pas un fossé ne semble assez profond.
Vois, on se garde. Ici, dans les villes voisines,
On ne lève jamais qu’un pieu des sarrasines
Pour laisser passer qu’un seul homme à la fois,
A cause des brigands et de vous autres rois.
Roi, nous te remontrons que ta bande à toute heure
Dévalise ce peuple, entre dans sa demeure.
Y met tout en tumulte et sans dessus dessous
Puis se’en va lui volant ses misérables sous ;
Cette horde en ton nom incessamment réclame
Le bien des pauvres gens qui nous fait saigner l’âme
…/…
Lorsque vous guerroyez et lorsque vous chassez
Et qu’ayant trop de tout, vous n’avez point assez
…/…
Sire pour ne pas être à ce point aumôniers
Et pour ne faire point comme dans ton Autriche,
Avec l’argent du pauvre une largesse au riche,
Nous pouvons, en creusant, retrouver aujourd’hui
Nos estocs sous la rouille et nos coeurs sous l’ennui.
Nous pouvons décrocher de nos mains indignées
Nos bannières parmi les toiles d’araignées
Et les faire flotter au vent si nous voulons.
…/…

Victor HUGO
(La légende des siècles)

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http://osee3.unblog.fr/2009/09/13
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1 commentaire à “La défiance”


  1. 0 tritriva1 13 sept 2009 à 23:51

    Bonsoir Annie,
    Un beau poème et comme s’est encore actuel hélas ce qui y est écrit, sauf que ce ne sont plus des rois mais des chefs d’états… C’est toujours le peuple qui trinque, et les jeunes soldats envoyés aux fronts pour on ne sait quelle raison…
    Je te souhaite une bonne nuit,
    Et une bonne journée du lundi,
    Amicalement, bisous
    Tritriva

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"Par ses manoeuvres, tous, petits et grands, riches ou pauvres, libres et esclaves, se feront marquer au nom de la Bête ou au chiffre de son nom +++++
C'est ici qu'il faut de la finesse !
Que l'homme doué d'esprit calcule le chiffre de la Bête c'est un chiffre d'homme : son chiffre est 666" ***

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La pensée est strictement individuelle, et c'est par elle que se fait le progrès, non par la société à laquelle s'adonnerait le citoyen bêlant
Cette société, à laquelle d'aucuns opposent l'individu n'a aucune réalité. Rien n'est plus rétrograde, plus dangereux, que de la diviniser
La société n'est qu'un moyen. Mais il est vrai aussi qu'elle se donne comme une fin dès qu'on lui permet. C'est la tyrannie !
Refusons d'être pris au piège du monstre Léviathan qui accentue le sarcasme de son sourire ! Dangereux d'attendre un Thésée nouveau qui exterminera le nouveau Minotaure.
L'hydre ne sera vaingu que par des citoyens vigilants
Si cette lutte toujours recommencée ne devait plus se poursuivre sous le poids des propagandes abêtissantes, sous le fouet des terreurs larvées ou sanglantes
Si cet élan spirituel d'âge en âge transmis devait aujourd'hui s'épuiser
Alors il serait permis d'acquiescer au verdict de Taine :
"Nul homme réfléchi ne peut espérer
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ALAIN

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