O belle, crains l’Amour

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O belle, crains l’Amour, le plus petit des dieux,
Et le plus grand ; il est fatal et radieux ;
Sa pensée est farouche et sa parole est douce ;
On le trouve parfois accroupi dans la mousse,
Terrible et souriant, jouant avec les fleurs ;
Il ne croit pas un mot de ce qu’il dit ; les pleurs
Et les cris sont mêlés à son bonheur tragique ;
Maïa fit la prairie, il fait la géorgique ;
L’Amour en tout temps pleure, et triomphe en tout lieu ;
La femme est confiante aux baisers de ce dieu,
Car ils ne piquent pas, sa lèvre étant imberbe.
« Tu vas mouiller ta robe à cette heure dans l’herbe,
Lyda, pourquoi vas-tu dans les champs si matin ?
Lyda répond : – Je cède au ténébreux destin,
J’aime, et je vais guetter Dameotas au passage,
Et je l’attends encor le soir, étant peu sage,
Quand il fait presque nuit sous l’orme et le bouleau,
Quand le nymphe aux yeux verts dans au milieu de l’eau.
- Lyda, fuis Damoetas ! – Je l’adore et je tremble.
Je ne puis lui donner toutes les fleurs ensemble,
Car l’une vient l’automne et l’autre vient l’été ;
Mais je l’aime. – Lyda, Lyda, crains Astarté.
Cache ton coeur en proie à la sombre chimère.
Il ne faut raconter ses amours qu’à sa mère,
A l’heure matinale où le croissant pâlit,
Quand elle se réveille en riant dans son lit

V. Hugo
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